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Calendrier LOGO 2026 – Mai: Simone Biles

Posted by Marco Cimmino in Calendrier, Nouvelles on 5 2025

Simone Biles, considérée comme l’une des plus grandes gymnastes de tous les temps, est l’athlète la plus décorée de l’histoire et a tracé son chemin avec brio et avec une personnalité sans égale.

Née à Columbus, Ohio, le 14 mars 1997, Simone commence son voyage, destiné à la grandeur de la gymnastique, à seulement six ans.

Simone Biles Illustrazione calendario LOGO 2026

Trop jeune pour participer aux Jeux Olympiques de Londres de 2012, Biles est devenue célèbre en 2013. À seulement 16 ans, elle a gagné deux médailles d’or au Championnat d’Anvers, dont le titre convoité en concours général. Elle a présenté au monde un mouvement révolutionnaire au sol, son agrès préféré: le Biles, un double saut tendu avec une demi-rotation, dorénavant ancré dans l’histoire de la gymnastique.

Avec quatre ors aux Championnats du monde de 2014 et autant en 2015, le jeune phénomène était déjà formidable lors de ses premiers Jeux Olympiques à Rio 2016. Biles n’a pas laissé de place au doute, en s’assurant l’or à l’épreuve de concours général, par équipes, au saut de cheval et dans les exercices au sol, et en obtenant aussi le bronze à la poutre. Dès ses débuts, elle se révèle comme une athlète complète, capable de maîtriser tous les agrès caractéristiques de la discipline.

Simone a continué de dominer la gymnastique. Son talent indomptable a été de nouveau évident aux Championnats du Monde de 2019 à Stuttgart, où elle a triomphé avec cinq ors, dont celui du concours général. Elle a surpris les juges en tentant une nouvelle figure à l’agrès du saut de cheval, le Biles II, un double saut périlleux en arrière avec une triple rotation. Jusqu’à ce moment-là, Biles a inventé cinq figures de gymnastique, deux au sol, une à la poutre, et deux au saut de cheval.

Simone Biles: les problèmes mentaux et la gymnastique

Lorsqu’elle est arrivée aux Jeux de Tokyo de 2020, les attentes sur ses performances allaient crescendo. À 23 ans, Simone Biles ajoute deux autres médailles à son palmarès olympique, le portant à sept.

C’est justement à Tokyo que quelque chose se brise. Elle rate un Amanar au saut de cheval, réussit seulement une vrille et demi sur deux, perdant l’équilibre à la sortie et terminant avec une réception décevante…ce n’était pas digne d’elle.

Après l’épreuve, Biles s’éloigna avec son entraîneur et son abandon fut annoncé peu après : il sembla au départ qu’elle avait été blessée, mais elle annonça ensuite à la presse avoir eu ce qu’on appelle en gymnastique un « twisties », c’est-à-dire une perte momentanée du contrôle de son corps dans l’espace due à un blocage mental, dans la plupart des cas pendant des figures aériennes qui prévoient des vrilles.

Lors d’une conférence de presse où elle expliqua sa décision de se retirer de presque toutes les compétitions à Tokyo (elle remporta quand même le bronze à la poutre), elle déclara avoir eu peur de se blesser et qu’elle ne voulait pas gâcher le travail de toute l’équipe par ses erreurs. Elle mentionna également qu’il est difficile de concourir loin de ses proches, que l’année avait été difficile et qu’elle avait également pris cette décision pour préserver sa santé mentale.

C’est un tournant historique, qui ne s’est pratiquement jamais produit auparavant. Il est peu habituel d’entendre les athlètes parler de santé mentale, bien qu’ils subissent une pression psychologique très intense. Déjà en 2016, Simone avait en effet déclaré publiquement souffrir de TDAH (trouble de l’hyperactivité/déficit de l’attention) affirmant sur son profil Twitter : « Le TDAH fait partie de ce que je suis. Je n’en ai pas honte, et vous ne devriez pas en avoir non plus », devenant un modèle d’empowerment pour la neurodivergence.

La décision de Biles de prioriser son bien-être mental a suscité des discussions importantes sur l’immense pression que les athlètes, que ce soit en gymnastique ou dans d’autres sports, doivent subir et sur les défis pour la santé mentale.

Plusieurs raisons ont été donné pour expliquer son retrait. « Je n’ai pas décidé de me retirer à cause de mes mauvaises performances. J’ai fait plusieurs mauvaises performances au cours de ma carrière et je n’ai jamais arrêté la compétition pour autant. Je me suis simplement sentie perdue. » a-t-elle déclaré après le retrait.

La pandémie de covid qui sévissait partout dans le monde et qui empêcha à ses parents de l’accompagner en compétition. C’était la première fois qu’ils n’étaient pas là à l’une de ses compétitions.

Les abus sexuels perpétrés par l’ancien ostéopathe de l’équipe américaine de gymnastique, Larry Nassar. L’affaire contre le médecin fut retentissante au niveau médiatique et judiciaire aux États-Unis : après avoir été accusé de violences par des centaines de gymnastes, il fut condamné à une peine de 40 à 175 ans de prison. Dans une déclaration publique, Simone écrivit : « La plupart d’entre vous me connaissent comme une personne joyeuse et énergique, mais dernièrement je me suis sentie un peu abattue, et plus je cherchais à faire taire les voix dans ma tête, plus elles criaient ». Et encore : « Je me suis demandé trop longtemps : « Est-ce que j’étais trop naïve ? Est-ce que c’était de ma faute ? Maintenant je connais les réponses à ces questions : Non. Non, ce n’était pas de ma faute ».

À quoi s’ajoutent les attentes du monde entier envers ce phénomène de la gymnastique, qui attisent un feu déjà ardent. Mais ça ne fait pas tout, car elle n’a jamais été épargnée par les critiques même lorsqu’elle gagnait. Elle explique elle-même que les critiques envers les gymnastes noires étaient virulentes concernant leur aspect, dans un sport avec des normes esthétiques construites autour de filles et de femmes blanches. Ils l’ont toujours critiqué l’aspect de ses cheveux par exemple, et ils continuent de le faire.

« Je ne suis pas le prochain Usain Bolt ou Michael Phelps, je suis la première Simone Biles »

Après son retrait, les critiques ont terriblement augmenté. Certains l’accusaient d’avoir abandonné ses coéquipières dans l’épreuve par équipes, d’autres de ne pas aimer son pays, et d’autres encore de ne pas être une vraie athlète.

Mais l’athlète choisit son bien-être et commence à suivre une thérapie une fois par semaine. Le jeudi est le jour de sa thérapie, qui l’aide à se concentrer de nouveau sur elle-même et à retrouver sa paix intérieure.

Le retour du mythe de la gymnastique artistique

En 2023, Simone reprend la compétition. Elle a réussi à se reconstruire en tant qu’athlète sur de nouvelles bases, après l’effondrement des trois années précédentes. Elle a réussi sans que personne ne s’en aperçoive, en limitant les interviews et les accords auprès des sponsors. En recommençant par les bases, en sautant sur le trampoline, en faisant des exercices simples, en allant à la salle de sport une fois par mois, puis deux, puis une par semaine : comme ça pendant un an et demi. Aux championnats du monde, Biles gagne cinq médailles d’or, et d’autres médailles. Elle est bel et bien de retour. Son programme pour le saut de cheval prévoit un saut, le Yurchenko double carpé, que seuls les hommes effectuent. Elle devient ainsi la première femme à exécuter cette figure dans une compétition officielle.

La perspective de Biles sur le succès a évolué. « Maintenant, le succès signifie pour moi quelque chose d’un peu différent. Avant, tout le monde définissait le succès pour moi, même si j’avais mon récit. Maintenant, il s’agit pour moi d’être présente, d’avoir un bon mental, de s’amuser et de laisser tout qui arrive, arriver », a-t-elle partagé avec Olympics.com pendant le tournoi d’Anvers.

Son voyage continuera, et l’amènera aux tant attendus Jeux Olympiques de Paris 2024. À 27 ans, Simone redessine l’histoire de la gymnastique artistique en remportant trois nouvelles médailles d’or et une d’argent. Avec un total de 11 médailles, elle devient la deuxième gymnaste la plus récompensée dans l’histoire des jeux olympiques.

Au-delà de ses performances exceptionnelles, Biles restera dans l’histoire, non seulement de la gymnastique artistique mais aussi du sport en général, pour avoir appris au monde l’importance de s’arrêter, de repartir de soi-même et de montrer qu’il est possible de revenir encore plus fort qu’avant.

« … nous devons protéger notre santé mentale et notre corps, plutôt que de se présenter et de faire à tout prix ce que le monde attend de nous »