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Calendrier LOGO 2026 – Juillet: Fanny Blankers-Koen
Interdiction de compétition pour les mères. Une règle implicite que personne n’avait cependant jamais oser transgresser, jusqu’au courage de Fanny Blankers Kœn, symbole de l’ascension et de l’affirmation de l’athlétisme féminin.

Fanny est le chevalier qui fait tomber le tabou des athlètes qui sont mères. Protagoniste d’une carrière sportive de haut niveau et exceptionnellement longue – elle participa à trois Jeux Olympiques – aux Jeux d’Été de Londres en 48 alors qu’elle est enceinte de son troisième enfant, et remporte quatre médailles d’or, entrant dans l’histoire du sport.
Un exploit qui lui valut à l’époque le surnom de « ménagère volante » (The Flying Housewife), signe du préjugé encore très répandu.
Talent polyvalent, l’athlète hollandaise a établi des records dans plusieurs spécialités, révolutionnant un monde dominé par les hommes et par des préjugés qui venaient de loin. Pierre de Coubertin lui-même, inventeur des Jeux Olympiques modernes, considérait que les femmes ne devaient pas avoir leur place dans les compétitions. À la veille de la première édition en 1896, la proposition fut rejetée. Née en 1918, Fanny Blankers-Koen commença sa carrière sportive en alternant la pratique de l’athlétisme avec celle de la natation.
À 17 ans, elle décida de se concentrer uniquement sur l’athlétisme en établissant immédiatement, en 1935, le record hollandais des 800 mètres, une distance peu pratiquée à l’époque. Cette épreuve n’étant pas prévue aux Jeux Olympiques imminent de Berlin de 1936, elle décida immédiatement de se consacrer à d’autres spécialités. À Berlin, elle obtint la cinquième place aussi bien au saut en hauteur qu’au relais avec l’équipe hollandaise du 4×100 mètres. Elle décida, après ses premiers jeux olympiques, de restreindre encore sa spécialisation et de se consacrer corps et âme à la vitesse ; elle remporta deux médailles de bronze aux Championnats d’Europe de 1938 en arrivant troisième aux 100 mètres et aux 200 m.
À ce moment-là, ses espoirs olympiques avaient augmenté, mais furent malheureusement brisés par la Deuxième guerre mondiale. L’occupation nazi des Pays-Bas ne rendit pas les choses faciles. Toutefois, Fanny Blankers-Koen continua non seulement à participer aux compétitions, mais elle donna aussi naissance à son premier enfant, retournant aux entraînements quelques semaines après. Entre 42 et 44, Fanny établit de nouveaux records du monde aux 80 mètres haies, au saut en hauteur, et au saut en longueur, contre tout pronostic de la presse hollandaise, qui avait immédiatement déclaré la fin d’une brillante carrière sportive à cause de sa maternité.
La pause vers la fin de la guerre fut plus longue, non seulement parce qu’elle donna naissance à son deuxième enfant, mais aussi parce qu’au cours de l’hiver 1944-45, les nazis, qui occupaient encore les Pays-Bas, privèrent presque toute la population des ressources alimentaires nécessaires.
Le premier grand rendez-vous de l’après-guerre étaient les championnats d’Europe à Oslo, en 1946. Fanny Blankers-Koen gagna les 80 mètres haies et, avec la Hollande, le relais 4×100 mètres. Elle arriva par ailleurs quatrième au saut en longueur, mais fit une chute à la demi-finale des 100 m.
Avec ces références, Fanny était la favorite naturelle des épreuves olympiques de 1948. Cependant, beaucoup ne lui accordaient pas la reconnaissance amplement méritée car ils la considéraient comme trop âgée et trop mère. Avec ses trente ans et deux enfants, Fanny montra rapidement qu’ils se trompaient.
À Londres, elle fut parfaitement à la hauteur de sa renommée. Elle gagna facilement le 100 m et encore plus le 200 m, alors qu’elle dut lutter pour remporter sa troisième médaille d’or individuelle aux 80 m haies. Elle contribua ensuite de manière déterminante à la victoire des Pays Bas au relais de 4×100 mètres. Engagée dans la dernière fraction, elle arriva à remonter de la troisième à la première place.
À une époque où les femmes luttaient encore pour faire valoir leurs droits, les victoires obtenues par la Hollandaise furent une attaque féroce aux préjugés et aux stéréotypes, mais aussi un souffle qui gonfla les voiles du mouvement féministe. Fanny était devenue une voix pour les femmes dans le sport, démontrant la manière dont les femmes pouvaient atteindre des niveaux d’excellence comme les hommes.
Elle reproduisit ensuite son triplé en individuel aux championnats d’Europe de Bruxelles en 1950, et l’équipe dont elle faisait partie arriva deuxième en relais. Elle n’eut en revanche pas beaucoup de chance aux jeux olympiques suivants de 1952, mais continua sa carrière jusqu’en 1955 lorsque, donnant une nouvelle preuve de sa polyvalence, elle se retira après avoir gagné le titre hollandais du lancer de poids.
En 1999, la IAAF (Fédération Internationale d’Athlétisme) l’a nommée « Athlète féminine du siècle ».
Grâce à ses triomphes, Fanny devint une inspiration internationale, s’affirmant (involontairement) en tant que modèle pour les athlètes et les femmes ordinaires, contribuant à élargir le débat sur l’émancipation des femmes et sur l’égalité des sexes.
Encore aujourd’hui, elle est considérée non seulement comme une championne olympique, mais aussi comme un bastion du féminisme sportif, capable de renverser les préjugés et d’ouvrir la voie à des générations d’athlètes.
« Tout ce que j’ai fait, c’est courir vite. Je ne vois pas pourquoi les gens doivent faire autant de bruit pour ça ».