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Calendrier LOGO 2026 – Août: Jesse Owens

Posted by Marco Cimmino in Calendrier, Nouvelles on 8 2025

Août 1936. Le monde assistait stupéfait à la marche triomphale de Jesse Owens à Berlin. Avec quatre médailles d’or au cou, l’athlète nord-américain démolit le mythe de la suprématie de la race blanche devant les yeux du Führer. Pour le champion la bataille la plus dure n’était pas encore terminée. À son retour aux États-Unis, Owens, né en Alabama en 1913, fut traité non pas comme un héros, mais comme l’afroaméricain qu’il était.

Jesse Owens illustrazione

Owens arriva déjà à Berlin en tant que légende: en 1935, il avait joué « les quarante-cinq meilleures minutes du sport » en une seule course, en battant et en égalant six records du monde, dont un saut en longueur qui résista un quart de siècle.

L’amère ironie du retour

L’Allemagne nazi lui avait accordé un respect que son pays lui avait refusé. Alors qu’à Berlin il voyageait et logeait avec les athlètes blancs, l’égalité s’arrête à son retour. Jesse rentra aux États-Unis, s’attendant à une reconnaissance de la part de son gouvernement, qui n’arriva jamais.

La discrimination était évidente et brutale. Le président Franklin Delano Roosevelt refusa de le rencontrer ou même de lui envoyer une lettre, par peur de perturber les équilibres raciaux du Sud. Le summum de l’humiliation arriva à l’occasion de la réception d’honneur à New York: au Waldorf Astoria, le héros olympique ne put pas utiliser la porte principale pour accéder à l’événement, et fut contraint de monter avec un monte-charges de service.

Selon l’ancienne athlète française Maryse Ewanjé-Epée, Owens mit toute une vie à comprendre ce qu’a signifié son triomphe aux jeux olympiques, et ne sut pas personnifier ce rôle.

L’or olympique ne valait pas une vie digne. La gloire a disparu et Owens se retrouva à faire le blanchisseur, le danseur, ou à participer à des spectacles de cirque où sa rapidité était mise en compétition contre des chiens et des voitures. « Il vendait ses jambes très rapides » pour survivre. Malgré sa culture et sa passion pour le jazz, l’Amérique ne lui offrit rien de mieux.

Du déclin à la révolution

La révolution institutionnelle arriva seulement dans les années cinquante, lorsque le président Dwight Eisenhower le nomma ambassadeur du sport des États-Unis au Tiers monde, avec un salaire annuel de 75 mille dollars. Cependant, à la fin de la décennie, Owens abandonna définitivement le sport et les événements sociaux pour créer sa propre entreprise de relations publiques. L’ancien athlète se consacra à donner des discours de motivation dans tout le pays, dans lesquels il racontait des anecdotes sur sa vie d’où ressortaient son honnêteté et sa pureté.

Avec l’explosion du mouvement Black Power, Owens fut durement critiqué en raison de son détachement initial. Il fut été utilisé par le gouverrnement pour faire de « médiateur » avec les athlètes activistes avant les jeux de Mexico en 1968. Mais le personnage du « bon noir » ne tenait plus. Quatre années plus tard, Owens rompit le silence avec le livre J’ai changé, admettant son virage idéologique: « J’ai compris que la lutte, dans sa meilleure acception, était la seule réponse possible pour un afroaméricain ».

Le 31 mars 1980, « l’antilope d’ébène » mourut d’un cancer du poumon. Le président Jimmy Carter reconnut, en lui rendant un dernier hommage, l’héritage qu’avait laissé l’athlète: « Aucun athlète n’a probablement mieux incarner la lutte humaine contre la tyrannie, la pauvreté et le fanatisme racial ».

« Peu importe ce que l’on trouve à la fin d’une course, ce qui compte c’est ce que l’on ressent pendant que l’on court. Le miracle n’est pas d’avoir atteint la ligne d’arrivée, mais d’avoir eu le courage de partir »