Calendrier
Calendrier LOGO 2026 – Janvier : Eddie « The Eagle »
Eddie Edwards a été le premier concurrent à avoir représenté la Grande Bretagne au saut à ski aux jeux olympiques (Jeux Olympiques d’Hiver de Calgary de 1998) et son histoire a quelque chose d’incroyable.

Eddie Edwards aurait pu devenir un simple plâtrier, comme son père et bien d’autres membres de sa famille avant lui, mais il voulait plus : il rêvait de participer aux jeux olympiques. Dans les années quatre-vingt, il fait partie du peu d’athlètes qui pratiquent les sports d’hiver : en Angleterre il neige peu et il y a peu d’installations.
Après un accident en jouant au football lorsqu’il est petit, Eddie arrive à devenir un bon athlète de descente, sans être pour autant un champion, et entre ainsi dans le petit monde de la nationale anglaise. C’est là qu’arrive l’occasion d’exaucer ses rêves en participant aux Jeux Olympiques de Sarajevo (1984) dans l’équipe de ski alpin, malheureusement brisés car ils n’arrivent pas à se qualifier.
Eddie réalise alors que l’Angleterre n’est pas le bon endroit pour sa passion pour le ski et déménage à Lake Placid, aux États-Unis, pour essayer de se qualifier pour Calgary 1988. Il se retrouve cependant à court d’argent, étant donné que la fédération n’a pas de fonds et que le ski représente un coût trop élevé pour lui, fils d’ouvriers.
Eddie ne veut cependant pas abandonner son rêve et a une idée, une intuition fulgurante : tenter de se qualifier pour les jeux olympiques avec le saut à ski, une discipline pour laquelle son pays n’a pas de candidats, et pour laquelle la qualification serait moins onéreuse et compliquée. Peu importe qu’Eddie doive apprendre un nouveau sport en peu de temps, les Jeux Olympiques étaient proches.
Il n’y a qu’un problème : Eddie n’est pas un sauteur.
Certes, il est bon en ski et il a déjà réalisé quelques cascades (il a sauté par-dessus des files de voitures et de bus), mais rien de plus.
Eddie vient de la descente et, physiquement, il est trop massif pour sauter. Et puis il voit mal : il porte des lunettes de vue lourdes sous son masque, avec les verres qui s’embuent pendant les performances.
Il n’a même pas l’équipement nécessaire, et s’entraine avec des chaussures de ski d’occasion dans lesquelles ses pieds flottent, ce à quoi il tente de remédier en portant six paires de chaussettes.
En attendant, pour vivre, il a plusieurs métiers, s’inventant jardinier, cuisinier, baby-sitter, agent de nettoyage, et il arrive difficilement à joindre les deux bouts.
Autre problème : le saut à ski n’est pas une plaisanterie. Eddie s’essaye à des tremplins de 70 mètres et tente même les 90 mètres, risquant de se faire mal. Et il se fait mal. En s’entrainant il se fracture la mâchoire, mais ne va pas à l’hôpital parce qu’il n’a pas d’argent : il se soigne donc lui-même et circule avec une housse de courrin qui lui tient la mâchoire.
De plus en plus fauché, il se retrouve à s’entrainer en Finlande, travaillant comme peintre et vivant dans un hôpital psychiatrique au prix d’une livre sterling par nuit.
Au total, Eddie s’est entraîné pendant deux ans, arrivant à faire 60 sauts par jour et progressant, lentement, très lentement.
Les débuts n’ont pas été des meilleurs : aux championnats du monde de 1987, il obtient la dernière place ; il arrive quand même à sauter presque 70 mètres, une distance qui lui permet de remplir les conditions requises pour les jeux olympiques, et de devenir le premier participant représentant la Grande bretagne au saut à ski aux jeux olympiques.
Calgary 1988 a fait d’Eddie the Eagle une vraie star
Lorsque Eddie atterrit à Calgary, ses fans l’accueille avec une énorme banderole avec écrit « Bienvenu Eddie the Eagle ». C’est ainsi qu’Eddie obtient son surnom. Les gens et les médias du monde entier sont fascinés par le britannique aux lunettes de ski roses sur ses drôles de lunettes épaisses, qui n’a même pas l’argent pour s’acheter les skis et l’équipement : il utilise un casque offert par les italiens et des skis donnés par les autrichiens.
On ne se souvient pas d’Eddie pour ses performances athlétiques impressionnantes. Si vous vous attendez maintenant à une liste de médailles et de podiums, vous serez déçus. Il termine dernier aux deux épreuves en sautant 55 mètres sur le tremplin de 70 (contre les 89.5 du vainqueur) et 67 mètres sur le tremplin de 90, pratiquement la moitié du saut du vainqueur, qui approche les 120 mètres. Il établit dans tous les cas son record personnel et celui du britannique de 73,5 mètres au cours de l’un de ses sauts.
Il faut rappeler ses succès, même s’ils ne se sont pas traduits en médailles. Quel plus grand succès que celui d’un homme ordinaire qui, grâce à sa détermination, arrive à exaucer ses rêves ?
« J’aimerai dire que j’ai volé comme un aigle, mais c’était probablement plus similaire à une autruche » (Eddie Edwards)
Eddie avait exprimé à la perfection l’idée du fondateur du mouvement Olympique moderne, Pierre de Coubertin, pour lequel le plus important dans les jeux olympiques n’est pas de gagner mais de participer. Même le président du Comité d’Organisation, Frank King, a mentionna Eddie au cours de la cérémonie de fermeture :
« Certains d’entre vous ont battu des records du monde, d’autres ont battu des records personnels. D’autres ont plané en vol comme des aigles ». (Frank King – président du comité d’organisation)
La vie olympique d’Eddie au saut à ski ne dure pas longtemps. Peu après Calgary, la « Eddie the Eagle Rule » a été établie, empêchant l’accès aux jeux aux athlètes qui n’ont pas précédemment fait leurs preuves aux Championnats du monde et d’Europe. Ceci, en plus des nombreux accidents, a empêché au britannique de se qualifier pour d’autres éditions des jeux olympiques. Mais le plus important est qu’Eddie a réussi à atteindre son objectif et à montrer que même les rêves les plus grands et les plus fous peuvent parfois se traduire en réalité.